Mieux vaut tard que jamais

Absorber 500 kms, se brûler avec l’effort, les séquelles sont apparentes. Le moral lourd se joint à mes maux, essayant de trouver rythmique à ma pédale. La route reprend ce corps fragile direction CP1 – Clermont Ferrand. Les conditions météo sont agencées au Team Gris.

Point de passage obligé, les points de contrôle représentent des emplacements stratégiques afin de guider les coureurs à travers l’Europe. S’en suivent des parcours obligatoires pour tous les coureurs, majoritairement des cols classés Hors Catégorie. Le Puy-de-Dôme étant inaccessible, le col de Ceyssat adjacent est pris d’assaut.

J’avale 10 coureurs sur la montée, portant fièrement mes qualités de gros grimpeur coriace, pendant que certains sont collés comme des escargots à un bitume humide. Toutefois, la course n’existe plus, les ambitions sont volatiles, les émotions à fleur de chamois.

La Transcontinentale représente un brillant mélange de force physique et mentale, de navigation/équipement et de débrouillardise/expérience. Les poids relatifs de chacun :

La force du mental « mental toughness » : 60%
Débrouillardise + Expérience : 20%
Navigation + équipement : 10%
Forme physique : 10%

Le succès sur une telle course cache de multiples facettes, bien plus grandes que l’effort machine en lieu même. Bravo.

Navigation au sextant

Le chemin le plus court n’est pas toujours le plus rapide. Strava est rapidement devenu mon allier afin de recoller les bouts d’Europe. L’idée : optimiser la distance, le dénivelé et l’incertitude. La navigation est un des éléments à contrôler avant le départ.
Pendant que je fonce sur Lyon, 95% des participants contournent les montagnes pour atteindre Berne et le CP2. Me laissant moi et mon tracker défier les pronostics dans le dénivelé français. On aurait dit que j’étais parti avec un sextant sur le gouvernail de mon guidon à la recherche d’une route pour accéder au Graal du CP2. À bord de mon grand condor, à la recherche des cités d’or ; passager du Faucon Millenium avec Chewbacca au volant, Han Solo mort dans l’épisode 7 oblige.

Bref, j’étais dans le champ, celui qui monte et descend. La beauté de la course est qu’il existe autant d’itinéraires que de participants, enrichissant les tactiques, promettant des surprises.

Le corps reprend vie, s’adapte au manège en cours, se montre résiliant, s’abandonne aux kilomètres, revivant des sensations de #fortdesjambes.

Abri d’infortune 4 étoiles + 1 limace

Les 12 coups de minuits frappent et le repos s’impose dans une cabane à fleur, sommeil atypique en vue avec seulement une couverte d’urgence en aluminium comme abri, microclimat tropical assuré. Bonsoir la récupération.

CP1 : 1 :14 :3
411 km 14H07 29.1km/h 4545 m

Clic sur la map pour voir la ride


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