Attendre. Le coup de canon fatidique, qui laissera près de 250 âmes s’investir dans une aventure outre-mesure, taillée dans le roc de la démesure. Les derniers tics bousculent notre trac et les torches s’allument pour assurer la procession vers le sommet du KappelMuur, lieu mythique du cyclisme.

Le départ

Les ténors sont en tête. Ibbett, Bourgeonnier, Allegaert, Hayden …

Partir sul gun, m’emparer des points de la montagne, dominer le Muur et disparaître dans la nuit sombre. Les torches sont déjà loin pour offrir du réconfort, cavalier solitaire de l’effort à travers une Belgique calme et fraîche. Fidèle à mon moto “on va rouler molo”, j’arrache le pavé cumulant 37 kilomètres durant la première heure. J’ai hâte d’atteindre la Turquie!

En haut du Muur

Team Gris prend les devants de la course, ne connaissant raisonnablement aucune autre façon de rouler un bike. À fond Gaston, on regardera les dommages plus tard. Plus tard je vais comprendre que j’étais une sorte de Formule 1 dans une course de Go Kart, les stratégies de chaque coureur étant bien propres.

Après 2h30 de course

Les français ont fait beaucoup de révolutions et de grèves afin d’élever les normes du travail, si bien que, trouver hydratation aux petites heures du matin, demande créativité. Laon sera le lieu d’une rencontre du troisième type, celui à bobette (hominidus bobettus) qui apportera secours à mes bidons.

Objectif du jour 1 : Rallier le CP1. 660km, 1 shot, one kill.

Avant le départ, j’aimais bien dire à mon entourage, l’important c’est d’être efficace. L’efficacité mécanique sur le vélo évite de taxer le corps et permet d’éviter les blessures. Faites ce que je dis, pas ce que je fais … Après 360kms de vélo, Geoffroy a raison de Geoffroy. Fidèle adepte de l’excès de watts, mon genou gauche témoigne des répercussions subies durant les 13 dernières heures.

La vitesse tortue du tracteur, voici maintenant le rythme que m’impose mon corps. Muni d’une jambe droite vaillante, prête à redoubler d’ardeur, compensant pour mon comportement de p’tit gars excité sur un bicycle, partant sur le gun pour une course de 10 jours.

L’erreur/échec est primordiale dans le processus d’apprentissage, il tisse un lien serré entre l’expérience et la connaissance. Nos institutions devraient en quelques sortes valoriser l’erreur, car c’est un processus cognitif puissant.

Les champs tournesols se perdent à l’infini

Bref, la chaleur bouscule les champs, le relief éloigne mon objectif, la fatigue amoindrit mes sens. Les champs de tournesols se perdent à l’infini, à l’image des leaders qui s’éloignent.

Mon carnet de note indique un McDonalds sur Nevers, capitale des boissons en fontaine, du sodium pas cher, du gras trans et des McWhatever. Le corps ne suit plus la tête. L’hôtel Borêve accueillera mon cauchemar. La course continue sans moi …

507km – 16H37 – 30.5km/h

Clic sur la map pour voir la ride

7 Comments

  • Excellent ! hâte de lire la suite 🙂

  • Roxanne Tremblay août 11, 2016 at 4:35

    J’en veux plus! Je ne me connaissais pas fan de même! TCR, une révélation pour tous! ahah

  • La suite la suite la suite😈

  • Team Gris # 93, des félicitations pour ta réussite et bonne récupération…
    et MERCI pour la lecture

    JN

  • still hanging on the words… need more…

  • Isabelle Gauthier août 13, 2016 at 1:13

    Palpitant ton introduction, j’ai l’impression d’y être tellement c’est bon….MERCI… et les photos sont magnifiques.

  • Le Muuuuuuuuurrrrrrrrrr!!!!!

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